COLÈRE. Les cinq organisations syndicales des sapeurs-pompiers professionnels du Sdis du Gard ont mis fin lundi soir à leur mouvement de colère entamé depuis plusieurs semaines, après la signature d’un protocole avec dix engagements entre le président du conseil départemental du Gard et le président du conseil d’administration du Sdis 30.

Les casqués gardois étaient en grève, tout en assurant les interventions. Ils ont notamment manifesté devant la préfecture et sur les voies ferroviaires en gare SNCF de Nîmes, où le trafic des trains avait été perturbé.

“Ce lundi en préfecture du Gard, sous la présidence de M. Didier Lauga, préfet, de Denis Bouad, président du Département, d’Alexandre Pissas, président du Sdis 30 et les partenaires sociaux ayant constitué l’intersyndicale, ont signé le protocole d’accord mettant ainsi fin au conflit social en cours. Le soutien et l’engagement du Département envers le Sdis sont à signaler et à mettre en valeur. La responsabilité des partenaires sociaux tout au long de cette difficile période est également à noter. Ce protocole offre au Sdis l’opportunité d’un accroissement de ses effectifs, va permettre d’améliorer la sécurité des sapeurs-pompiers en intervention et confirme sa volonté de renforcer le maillage territorial en centres de secours. La mise en œuvre de l’ensemble des éléments portés par ce protocole va permettre d’améliorer la qualité des secours que les sapeurs-pompiers du Gard fournissent à la population. Le président du Sdis et le directeur départemental se félicitent de cette issue”, a réagi le Sdis du Gard.

“Le socle d’un nouvel élan”

Dans la foulée, l’intersyndicale a adressé un communiqué aux casqués gardois et à la presse pour se féliciter de cette issue et pour rendre hommage au préfet : “C’est fait, les représentants syndicaux ont signé le protocole d’accord qui lie le Sdis 30 et le conseil départemental du Gard pour les prochaines années. Ce document est le socle d’un nouvel élan qu’il faut désormais faire vivre en interne, avec la direction du Sdis et le président du conseil d’administration. Il est aussi le fruit de la mobilisation de l’ensemble des pompiers gardois, qui a reçu un soutien sans faille de la population dès l’origine de ce conflit. Il faut que nous ayons tous conscience de ce lien précieux et œuvrer sans cesse et sans relâche pour le renouveler et le consolider. Le temps est donc venu de mettre fin au mouvement de grève et des actions afférentes à celui-ci. Nous souhaitons insister sur le fait qu’il s’agit d’une victoire pour le service public et la qualité du secours dans le Gard. Ce conflit a été mené dignement. Il convient de souligner qu’il s’est mené dans le cadre d’une loyauté sans faille à l’intérieur des Organisations Syndicales, et c’est certainement une des clés de sa réussite. À présent, vos représentants vont poursuivre le travail avec le Directeur et nous avons déjà demandé l’organisation d’une réunion rapide pour mettre à plat un certain nombre de problématiques qui restent entières. Nous tenions également à souligner, même si cela a été compliqué au départ, l’écoute dont a fait preuve une partie des élus. Cette écoute s’est finalement traduite par le contenu du protocole que nous avions déjà diffusé et qui nous donne satisfaction. Pour terminer, nous souhaitons rendre hommage à un grand préfet, Didier Lauga qui a été un pilier essentiel dans la gestion de ce conflit jusque dans son aboutissement”.

Et de citer Sénèque : « Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient. ».

Des postes créés

“Toutes nos revendications sont acceptées. Et il y a un consensus sur les délais”, se félicite ainsi Nicolas Nadal du syndicat Sud pompiers 30. La délégation des syndicats Sud, FA, CGT, SNSPP et Avenir secours ont gagné dans ce bras de fer, grâce à la mobilisation des troupes.

Le protocole d’accord permet de créer 28 postes de pompiers professionnels dans le Gard, dont 22 sapeurs pour la nouvelle caserne de Nîmes Ouest et 6 pour le centre de secours principal d’Alès. Des départs en retraite vont être remplacés. De 673 actuellement, le nombre de casqués va passer à 701 d’ici 2022.

Agressions récurrentes

37 pompiers seront affectés à la nouvelle caserne opérationnelle en 2020, à la périphérie ouest de Nîmes. Le matériel qui n’est plus aux normes sera renouvelé. Une augmentation de 420’000 € est prévue au budget prévisionnel 2018, qui s’élèvera à 42,42 M€. Une convention va être signée entre le Sdis 30, l’Agence régionale de santé -ARS- d’Occitanie et le CHU Carémeau de Nîmes pour l’organisation des secours et assistances.

Reste que l’intersyndicale redouble de vigilance sur une autre réalité difficile à encaisser au quotidien : les agressions, parfois très violentes dans la zup ouest et notamment à Pissevin. Le préfet du Gard et le procureur de la République de Nîmes sont conscients du problème et du danger humain. Des actions concrètes sont en cours pour tenter de trouver une solution.