Les fumées d’incendies sont dangereuses pour les sapeurs-pompiers, tant de manière directe (intoxications, asphyxies) qu’indirecte (développement
de cancers à plus ou moins long terme).

En 2007, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) a classé l’activité de lutte contre l’incendie sur la liste 2B1, c’est à dire potentiellement cancérogène pour l’homme.

Depuis plusieurs années, différentes études internationales (Américaine, Canadienne, Australienne) démontrent tous ces risques. Certains pays ont même reconnu en tant que maladie professionnelle certaines pathologies et cancers en lien avec l’activité de sapeur-pompier (Canada, loi Zadroga aux USA).

En Europe, quelques pays s’en sont inquiétés (Belgique, Suisse, Pays Bas, Suède) et ont conjointement mis en place avec les représentants de l’Etat, des collectivités et des pompiers, des mesures de prévention afin de réduire les expositions des sapeurs-pompiers face à la contamination due aux fumées et à leurs particules.

La Fédération Syndicale Européenne des Services Publics (FSESP) a publié en 2012 le rapport « La santé et la sécurité des hommes du feu » qui aborde les risques d’intoxication, d’asphyxie, de contamination et de cancers pour les pompiers.

En France, après des tentatives d’alerte auprès de la Sécurité civile restées vaines, la CFDT et la CGT ont conjointement pu obtenir en 2015, la création d’un groupe de travail piloté par le FNP (Fond National de Prévention) de la CNRACL (Caisse Nationale de Retraite des Agents des Collectivités Locales).

L’objectif de ce groupe était de prendre en compte les signaux d’alerte internationaux (enquêtes épidémiologiques…) afin d’établir des recommandations préventives face aux risques de contamination à court, moyen et long terme pour l’ensemble des agents des SDIS (sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, ainsi que les personnels administratifs et techniques).

De plus, un risque majeur de non protection des voies respiratoires des pompiers lors des feux d’espaces naturels et de forêt a été identifié et a
conduit à une expertise par un laboratoire, le CEREN (Centre d’Essais et de Recherche de l’Entente) :

  • Juin 2016 : premier rapport scientifique et technique « La prévention des effets des fumées sur des sapeurs-pompiers en France » ;
  • Mars 2017 : rapport final « impacts et prévention des risques relatifs aux fumées d’incendies pour les sapeurs-pompiers »,
  • Novembre 2017 : résultats du CEREN.

A notre grand désarroi, la Sécurité civile ne prête guère attention à ces rapports, arguant même « qu’ils ne s ‘appuient sur aucune donnée
scientifique » alors que leurs représentants étaient membres du groupe de travail.
Notons ici que la DGSCGC (Direction Générale de la Sécurité et de la Gestion des Crises) n’est pas l’employeur public direct des pompiers de
France et que sa responsabilité sur ce sujet n’en serait dès lors que toute relative.
Responsabilité dont les SDIS (Service Départementaux d’Incendie et de Secours) à contrario, ne peuvent s’affranchir quant aux moyens devant
être mis en oeuvre pour préserver la santé et la sécurité des agents (pompiers professionnels, volontaires et agents administratifs et techniques) au sein de leur collectivité.

La CFDT a ainsi fait le choix de communiquer le rapport pour que l’ensemble des personnels des SDIS se saisissent des préconisations du rapport final au travers de leurs CHSCT (Comité d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail) et CCDSPV (Comité Consultatif Départemental des Sapeurs Pompiers Volontaires, faisant office de CHSCT pour les pompiers volontaires) locaux.

Les fumées d’incendies sont dangereuses pour les pompiers. Serait-ce une réalité cachée ? 0.00 KB 4 downloads

Les fumées d’incendies sont dangereuses pour les sapeurs-pompiers, tant de manière...

Rapport CNRACL - Dangerosité des fumées chez les sapeurs-pompiers 0.00 KB 1 downloads

Impacts et prévention des risques relatifs aux fumées d’incendie pour les sapeurs-pompiers. Les...

 

Un rapport, révélé par le quotidien La Provence et que l’AFP a pu consulter vendredi, fait état d’une surmortalité par cancer chez les pompiers, et pointe le rôle des fumées toxiques auxquelles ils sont exposés lors des incendies.

Après lecture de ce rapport, le ministre de l’Intérieur a décidé de saisir son homologue de la Santé pour que puissent être réalisées des expertises médicales et scientifiques sur les conséquences de ces fumées sur les pompiers, selon un porte-parole de la Sécurité civile.

«Le directeur général de la Sécurité civile a décidé sans attendre d’envoyer une note aux directeurs départementaux pour que soient mises en œuvre des mesures de prévention», a poursuivi ce porte-parole, ajoutant qu’une plaquette serait éditée en janvier.

Une fois que le ministère de l’Intérieur aura les conclusions du rapport réalisé par les services de l’Etat, «des mesures concrètes et réglementaires seront prises».

Commandé par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL), le rapport évalue «l’exposition des sapeurs-pompiers aux fumées et à leurs contaminants lors des incendies».

Le groupe de travail souligne le fait que les jeunes pompiers sont dans «un excellent état de santé initial», en raison du «mode de recrutement», mais qu’en vieillissant ils ne jouissent plus de la «sous-mortalité» qu’ils avaient auparavant.

Il met en exergue une «surmortalité modérée pour certains types de cancers»: «sur 732 tumeurs malignes, le cancer broncho-pulmonaire était la localisation la plus fréquente (25%), suivi par les cancers de la lèvre-cavité buccale-pharynx (9 %), les cancers du foie et des voies biliaires intra-hépatiques (6%), du pancréas (6%) et des tissus lymphatiques et hématopoïétiques (6%)».

Enfin, «outre les intoxications aiguës connues» comme l’intoxication au monoxyde de carbone et l’asphyxie, d’autres pathologies ont été mises au jour «souvent sous des formes invalidantes ou graves et après bien des années: les troubles et maladies cardio-vasculaires, les pneumopathies et les cancers».

Le rapport conseille, parmi de nombreuses mesures, d’«intégrer les risques de contamination lors de la conception des centres d’incendie et de secours, des centres de formation, des engins, des matériels et des équipements».

Source de l’article : Libération

Les syndicats ont rencontré leur direction mardi. Mais ils sont déçus du résultat. Une banderole et des palettes ont été installées au CSP Saint-Brieuc ce mercredi matin.

La tension monte chez les SP costarmoricains. Leurs syndicats ont appris, lors d’une réunion la semaine dernière, que leur direction envisageait de réduire le nombre de gardes la nuit, dans tous les centres mixtes (professionnels et volontaires) des Côtes-d’Armor. Alors qu’eux réclament la création de postes.

Ce mercredi matin, les SP de Saint-Brieuc ont tiré une grande banderole noire sur leurs bâtiments. « Secours en danger », peut-on y lire. Des palettes ont été entassées en plein milieu de la cour de la caserne, tel un piquet de grève.

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Une délégation CFDT a rencontré ce mardi 29 août le Directeur de la Sécurité Civile, le préfet Witkowski, accompagné de Monsieur Julien Marion, directeur des sapeurs-pompiers et de Madame Mireille Larrede,
conseillère sociale.

Au cours de cet entretien, les représentants CFDT ont abordé les sujets suivants :

  • Situation des SDIS
  • Fin de la mesure transitoire de la filière SPP au 1er janvier 2020
  • SPV , SPP, niveau de formation
  • Campagne feux de forêts
  • Temps de travail
  • CTA
  • SAP
  • préconisations CNRACL sur les fumées

Nous devons réagir à une mascarade politique !!! 

Lors de la dernière journée nationale des sapeurs-pompiers, plusieurs de nos collègues SPP et SPV se sont vu remettre médailles et lettres de félicitations.

Si certaines de ces récompenses sont légitimes d’autres le sont beaucoup moins.

Nous nous inquiétons fortement de l’effet pervers que ces récompenses peuvent avoir quand elles ne  sont pas méritées ?

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SAINT-DENIS. Le nouveau colonel du SDIS a été entendu par les policiers hier matin dans le cadre d’une plainte d’un sergent-chef qui estime que l’an dernier un avancement lui a été refusé par discrimination.

Directeur du SDIS 974, le colonel Hervé Berthouin n’a guère eu l’occasion d’étrenner ses nouveaux galons dans les cérémonies. Et, hier matin, ce n’est pas à une sortie protocolaire qu’il était invité mais à une convocation de la sûreté départementale dans le cadre d’une enquête préliminaire pour des pratiques de discriminations au sein de l’institution qu’il dirige depuis juillet. Un rendez-vous qui lui donne un peu plus la mesure de la tâche qu’il l’attend ; lui qui ambitionne de «faire table rase du passé» au sein du Sdis marqué par les rivalités, les embrouilles administratives et autres turpitudes politiques. Convoqué comme témoin, venu avec son DRH et une juriste, le colonel a donc été entendu par les policiers en tant que responsable de la personne morale qu’est le Sdis. Au menu de cette audition : la plainte de trois sapeurs-pompiers qui vise le système d’avancement des sapeurs-pompiers (lire le JIR du 22 juin dernier).

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Marc et Patrice sont cousins et comparaissent libres. Celui qui est considéré comme le meneur, Michel, le plus âgé au moment des faits qui datent de 2011, est dans le box des accusés, actuellement en détention. Tous trois sont poursuivis pour une impressionnante série de vols et de dégradations, notamment par incendie, dans le secteur de Séméac, Aureilhan, Horgues, Ibos et Chis. Âgés à l’époque de 18, 19 et 20 ans, les trois jeunes ont volé dans des habitations, des entreprises, des locaux d’associations sportives notamment et même au SDIS ou travaillaient l’un d’entre eux, Michel, comme pompier volontaire. C’est lui qui a été décrit comme l’instigateur de ces nombreux délits, une vingtaine au total, accompagné de ses acolytes ou seul. Des cambriolages et des dégradations reconnus pour une grande partie par les accusés et même si la mémoire fait parfois défaut, la gravité des faits est là : «En plus, vous vous vantiez, vous disiez que vous alliez «faire un barbeuc». On a de la chance de n’avoir aucun dommage corporel, on aurait pu avoir une catastrophe». Une vision partagée par le procureur dans son réquisitoire : «Les deux cousins ont été roulés dans la farine puisqu’il a gardé pour lui le fruit du butin. Il a été un peu le moteur, on le sait. Il est pompier, et il met le feu, c’est lui qui dirige, qui transporte les autres, qui a toutes les idées».

Les avocats ont tenté de minimiser la participation des deux cousins, parlant de jeunes majeurs, d’immaturité. Pour celui qui est considéré comme le chef de bande, Michel, son avocate a pointé son «immense difficulté liée à son vécu, à ses origines. Cette histoire de feu qui revient dans l’histoire de ce jeune homme, 20 ans à l’époque et qui faisait des sorties frénétiques. Il ne va pas sortir de prison demain, ce n’est pas la peine d’en rajouter».

Michel a été condamné à 10 mois de prison assortis d’un suivi sociojudiciaire de 5 ans. Le plus âgé des deux cousins écope de 10 mois avec un SME (Sursis mise à l’épreuve) de 18 mois et l’autre de 6 mois de prison avec également 18 mois de SME. Ils devront en outre indemniser les victimes.

*Les prénoms ont été changés.

Un pompier volontaire de 19 ans a été écroué à Epinal (Vosges), soupçonné d’avoir provoqué sept départs de feu sur des voitures ou des immeubles depuis avril. 

Selon Vosges matin, qui rapporte l’information, le jeune homme a été confondu par ses collègues, qui ont constaté qu’il se trouvait toujours dans les environs du départ de feu.

Le jeune homme a reconnu six des sept incendies dont il est accusé. 

Le dernier, qu’il n’a pas reconnu, a eu lieu mercredi dans l’appartement qu’il occupait avec sa mère. Le logement a été entièrement détruit par les flammes.

Aucun des incendies n’a fait de victime.

La “loi du silence” autour du suicide des pompiers : “Il y a eu beaucoup d’affaires d’étouffées”

Syndicats et associations de pompiers tirent la sonnette d’alarme sur les suicides des pompiers en augmentation. Un passage à l’acte souvent passé sous silence.

L’an dernier, une cinquantaine de pompiers se sont suicidés. C’est plus que dans la police et deux fois plus élevé que chez les gendarmes. Si le chiffre n’est pas officiel, plusieurs délégués syndicaux confirment qu’ils reçoivent de plus en plus d’appels de pompiers à bout, éprouvés par les interventions ou devenus les souffre-douleurs de leur caserne.

“La seule issue, c’était le suicide”. Il y a quelques mois, Dimitri a essayé de se pendre sur son lieu de travail. “On me rabaissait tant qu’on pouvait, on me disait que j’étais un feignant, que je travaillais mal. Je demandais ce que je devais faire, on ne me répondait pas. On me parlait par personne interposée, comme s’ils ne me voyaient pas. Je ne dormais pratiquement plus les nuits, j’avais presque les larmes aux yeux pour aller travailler. La seule issue que j’avais, c’était le suicide”, confie le pompier à Europe 1. Dans sa caserne, il ne reçoit pas d’aide de ses collègues. “Les gens de la caserne voyaient ce qui se passait, personne n’a voulu lever le petit doigt. Ils ont trop peur des sanctions qui risquent de retomber sur eux”. 

“Beaucoup d’affaires” étouffées. Une loi du silence que dénonce Sébastien Alègre, président de l’association Vétérans du feu, qui soutient les pompiers en difficulté. “On a alerté les grandes instance, nous n’avons jamais eu une retombée. Aujourd’hui, on se bat contre des murs. Personne ne nous soutient dans la mesure où on est dérangeant. La hiérarchie a des objectifs, des statistiques”, dénonce-t-il. Pour lui, ces suicides sont “une mauvaise image” pour les autorités. “Il y a eu beaucoup d’affaires d’étouffées”, assure Sébastien Alègre. 

De son côté le ministère de l’Intérieur répond qu’il prend le sujet au sérieux et que la prise en charge s’améliore. Un réseau de plus de 210 psychologues est dédié aux pompiers dans toute la France. 

 Par Théo Maneval avec C. Bl
Un pompier devant son casier le 17 mars 2017. Image d’illustration. (GODONG / BSIP)

Les organisations syndicales de sapeurs-pompiers ont rencontré mardi 25 juillet le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, Place Beauvau. Jérôme François, pompier du syndicat Unsa Sdis 95, qui a assisté à la réunion, a dénoncé sur franceinfo le manque de moyens “au niveau de l’équipement et du recrutement”. “Nous sommes en sous-effectif chronique (…) Lorsque l’on sait que chaque minute qui s’écoule c’est 10% de chance de survie en moins sur un arrêt cardiaque, ça pose question”, a-t-il affirmé.

Par franceinfo – Radio France

Franceinfo : Pourquoi les pompiers ont-ils des bleus à l’âme ?

[inset side=right title=”Jérôme François, pompier du syndicat UNSA SDIS 95 à franceinfo”]”On a une forte crainte pour les sapeurs-pompiers, au niveau de l’équipement et du recrutement.”[/inset]

Jérôme François : Les pompiers ont le blues et les raisons sont multiples. Nous sommes en sous-effectif chronique dans les casernes en matière de sapeurs-pompiers professionnels. Nous avons le sentiment de ne pas être entendus et enfin nous avons des missions qui ne relèvent pas des fonctions du sapeur-pompier (…) Très souvent, ils sont engagés sur des missions qui ne relèvent pas de l’urgence, comme du transport de malades à la demande du Samu. Tant que l’on fera cela, on aura moins de pompiers disponibles pour faire de la vraie urgence. Le taux de suicide chez les sapeurs-pompiers est bien plus élevé que la moyenne des Français (…) Surtout chez les sapeurs professionnels qui sont dans des zones urbaines parfois un petit peu difficiles.

L’ensemble des budgets des ministères vont baisser, avez-vous pu vous faire entendre par Gérard Collomb ?

Il faut rappeler que les sapeurs-pompiers ne sont pas financés par les ministères mais par les collectivités locales. Or, le président de la République a annoncé 13 milliards d’euros d’économies dans les collectivités locales. Bien évidemment, on a une forte crainte pour les sapeurs-pompiers au niveau de l’équipement et du recrutement. Concrètement, quand nous n’avons pas assez d’effectif pour partir en intervention, on fait partir la caserne d’à-côté. Elle peut mettre cinq à dix minutes de plus. Lorsque l’on sait que chaque minute qui s’écoule c’est 10% de chance de survie en moins sur un arrêt cardiaque, ça pose question.