Dans un article posté sur sa page Linkedin le 29 novembre dernier, le Colonel Hervé Enard Directeur de l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers dénonce les pratiques de certains SDIS et Sapeurs Pompiers Professionnels. Il apparaît que certains Professionnels chercheraient à faire baisser leur temps de travail pour différents prétextes afin d’aller par la suite effectuer des gardes comme Sapeurs Pompiers Volontaires.
Des SDIS en profiteraient pour ne pas avoir à payer d’heures supplémentaires et les sommes gagnées par les Sapeurs Pompiers Professionnels assurant des gardes de Volontaires échapperaient à l’impôt (les indemnités horaires (SPV) étant exonérées d’impôt sur le revenu).

D’autres informations sont à lire dans l’article du Colonel ENARD, en copie ci-dessous…

Hervé Enard Directeur de l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers

Forces et faiblesses du double statut Sapeur-Pompier Professionnel/Volontaire

Les dispositions réglementaires ont consacré le principe du double statut sapeur-pompier professionnel/volontaire (SPP/SPV) par le décret n°99-1039 du 10 décembre 1999. On ne voit pas pourquoi la profession de SPP serait la seule qui n’autorise pas l’engagement citoyen de celui qui a envie de prolonger la passion pour son métier, ou tout simplement de faire preuve de générosité en accordant du temps à l’exercice du volontariat. Qu’un SPP puisse être SPV là où il habite, aider au fonctionnement du centre SPV en mettant à profit son savoir-faire et intervenir parce qu’il est disponible relève du bon sens.
Mais il convient déontologiquement d’encadrer cette pratique, notamment quand la garde postée SPV est autorisée par le SDIS concerné. La tentation de gardes supplémentaires pour un SPP est réelle. On a pu s’étonner des revendications de certains visant à faire baisser le nombre de gardes SPP, mais toujours prêts, par ailleurs, à rendre service autrement… Ce qui peut expliquer les discours bien différents selon les organisations syndicales, certaines mesurant la contradiction à défendre tout et son contraire.
Quand il n’y a pas de limite, le SPP peut enchaîner les gardes de SPP et de SPV, au prétexte que la position de SPV permet de se soustraire à la réglementation relative au temps et à la sécurité du travail. C’est dangereux pour lui et contraire à la volonté originelle du législateur désireux d’encourager et de protéger le volontariat.
De plus, la présence sous « multi-statuts » des agents SPP à la caserne peut générer l’ascendant d’un éventuel corporatisme professionnel au détriment des SPV qui se retrouvent parfois tenus à distance des postes de responsabilité voire des missions les plus prisées. Il n’est pas rare, en pareille circonstance, de constater que les fonctions de conducteur, chef d’agrès ou autres sont réservées sur le seul critère statutaire, au détriment parfois de la compétence.
Des SDIS l’ont compris, en n’autorisant pas les SPP à « monter » des gardes postées SPV. Ce sont souvent, par ailleurs, les mêmes qui tentent de limiter au plus le recours à ce mode d’organisation.
Le volontariat, ou plutôt son mode d’indemnisation, a aussi été largement utilisé pour « régler » rapidement des solutions, en le détournant de sa fonction première. Certains SDIS imposent le principe d’un engagement SPV simultanément au recrutement en qualité de SPP, quel que soit le grade. Cela s’avère bien opportun parfois :
  • Ainsi, des heures supplémentaires qui ne portent pas leur nom, des cours dispensés par les SPP (parfois officier) parce que cela coûte moins cher au service, le système s’exonérant des charges, le SPP/SPV s’exonérant parfois de l’impôt… Il existe pourtant la disposition réglementaire requise pour indemniser un fonctionnaire intervenant dans une formation.
  • Ainsi, des logements des SPP, pris en charge ou partiellement compensés par un montant de vacation SPV.
  • Ainsi, de la constitution d’une retraite complémentaire (PFR), sensée fidélisée des SPV, par des SPP qui n’ont nul besoin d’être fidélisés étant déjà attachés au service et qui parfois n’exercent aucune activité en qualité de SPV… Les « PFR » les plus importantes du système actuel risquent de bénéficier en premier lieu aux SPP en double statut…
En termes d’image ou de déontologie de notre profession, on peut mieux faire !
Utiliser, sciemment un système à des fins exclusivement mercantiles soulève également un problème d’éthique individuelle. Etre détenteur du statut de SPV est légal, bénéficier de ses avantages sans en exercer la fonction… est-ce moral ?
La passion qu’un SPP peut avoir pour son métier peut le conduire à en prolonger l’exercice. Mais il convient de veiller à ce que cette continuité ne devienne pas une condition même de l’activité professionnelle originelle.
Le volontariat pourrait y perdre son identité d’engagement citoyen, meilleur des remparts à une désastreuse assimilation à l’activité salariée.

Mais que ce passe-t-il au sein du SNSPP ? Le Syndicat National des Sapeurs-Pompiers Professionnels est en mal de propositions ?

Après n’avoir plus aucune représentativité légale suite à sa mise à la porte de la Confédération Force Ouvrière (FO), ce syndicat (SNSPP) n’aurait-il plus qu’une seule idée : Chasser ses sorcières ?

D’abord le DDSIS de la Haute-Savoie : 

Et maintenant, voila que le bureau du SNSPP74 dévoile des informations de la CAPSPPNO du SDIS74 ! 

Mais qui est ce syndicat irresponsable, capable de dévoiler des informations confidentielles ?

Qu’elle est le finalité, le but de cette chasse aux sorcières?

Serait-ce un moyen d’exister ?

Ou peut-être de rebondir suite à la filière qu’ils ont voulu et soutenu et qui fait des ravages dans nos rangs. Ils ne sont pas content aujourd’hui d’une situation qu’ils ont défendu.

Je vous laisse répondre à ces questions en postant un commentaire ….

Sept syndicats du service départemental d’incendie et de secours du Nord, dont le représentant de la CFDT de la caserne de Maubeuge, sont poursuivis en justice par leur direction. Elle leur reproche d’avoir garni les véhicules d’urgence de messages et autres banderoles revendicatives lors de leur mouvement social.

«  Dans l’histoire du SDIS c’est une première, on n’a jamais vu ça  », lance un ancien responsable syndical d’une caserne sambrienne. Les pompiers parlent de «  honte  » et de durcissement du conflit social, le conseil départemental, lui, veut juste faire respecter la loi. Raison pour laquelle la direction du service d’incendie et de secours a assigné en référé sept syndicats devant le tribunal de grande instance de Lille. «  J’ai été notifié par un courrier d’huissier, l’audience devrait avoir lieu mardi  », révèle Jérôme Jouravel, pompier à Maubeuge et responsable de la CFDT, l’une des organisations syndicales visées par l’assignation.

Infraction pénale

On le sait depuis de longs mois, les pompiers du Nord ont entamé un mouvement social pour dénoncer leurs conditions de travail et le manque d’effectifs. Dans le cadre de cette grogne, des banderoles et des messages de revendications ont été placés sur les fourgons d’incendie ou des ambulances. Une manœuvre que le SDIS ne digère pas.

« De nature à perturber la paix publique »

La hiérarchie avait déjà mis en demeure les syndicats. Cette fois, elle passe à la vitesse supérieure. «  Les textes reproduits sur les véhicules de fonction et les murs des casernes, et relayés sur internet, sont anxiogènes et de nature à perturber la paix publique, spécifiquement dans le contexte actuel  », est-il écrit dans l’assignation que nous avons pu consulter. Les syndicats avaient inscrit la mention « en grève » sur certains véhicules. «  Ces mentions suggèrent que les sapeurs-pompiers seraient susceptibles de ne pas accomplir leurs missions habituelles alors qu’en tout état de cause, leur capacité opérationnelle est maintenue, au besoin par réquisition.  »

Enfin l’avocat du SDIS rappelle que le fait d’inscrire des slogans ou des tags sur des véhicules constitue une infraction pénale pouvant être punie de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende. Voilà les raisons qui ont conduit à cette action en justice.

Jérôme Jouravel accuse le coup. «  Nous n’avons pas le droit de grève, et ces moyens sont les seuls que nous pouvons utiliser pour alerter la population, alors qu’à Maubeuge dès l’année prochaine, on devrait avoir encore moins d’effectifs, les temps d’intervention risquent d’être plus long  », dit-il. Le leader de la CFDT attend de voir maintenant l’issue de l’audience mardi, si cette dernière est maintenue.

Le poste de Directeur Départemental Adjoint du SDIS74 a été attribué au Lieutenant-Colonel Vincent HONORE suite au jury composé de Monsieur le Préfet de la Haute-Savoie et de Monsieur Christian MONTEIL Président du Conseil d’Administration du SDIS74.

Présentation: Actuellement au SDIS13

Membre de l’équipe de direction, en charge du groupement fonctionnel opérations, incluant notamment le CODIS CTA (120 000 interventions/an, 525 000 appels/an).

Il assure le pilotage de trois services en liaison étroite avec les territoires.

Responsable de l’élaboration et de la mise en œuvre de la doctrine opérationnelle au sein du SDIS 13 afin que celle-ci soit déclinée au sein des 62 centres de secours par les 1200 sapeurs-pompiers professionnels et 4000 volontaires.

Il dirige également des projets à portée départementales en lien avec l’organisation opérationnelle (règlement opérationnel départemental, chaîne de commandement), les spécialités, les ressources humaines, … ce qui nécessite un dialogue social permanent.

Il assure la fonction d’officier supérieur départemental (représentant du directeur) et commandant des opérations de secours sur des interventions d’importance (feux de forêts, sinistres industriels, …). Qualifié chef de site tronc commun et chef de site feu de forêt depuis plus de 10 ans.

Il est conseiller technique zonal Risque NRBC pour la zone sud.

ARRÊTÉ RELATIF À L’ÉTABLISSEMENT DE LA LISTE DES CANDIDATS JUGÉS APTES À SUIVRE LA FORMATION D’ADAPTATION À L’EMPLOI DE CHEF DE GROUPEMENT DES SERVICES D’INCENDIE ET DE SECOURS AU TITRE DE L’ANNÉE 2018

La liste des 75 candidats jugés aptes à suivre la formation d’adaptation à l’emploi de chef de groupement des services d’ incendie et de secours au titre de l’ année 2018 est, sur proposition de la commission susvisée, arrêtée comme suit, par ordre alphabétique …

Un pompier professionnel âgé de 45 ans, Ritchie, a perdu la vie au cours d’une manœuvre, ce lundi peu après 16 heures.

C’est bien une triste nouvelle qui vient endeuiller la grande famille des pompiers. Alors qu’il effectuait une manoeuvre au sein de l’école départementale des pompiers du SDIS 74 à Epagny, il a été découvert inanimé, au pied d’un camion échelle.

Malgré les soins et les techniques de réanimation prodigués par ses camarades et une équipe médicale, le pompier est décédé.

À 23 heures, les raisons du drame restaient inexpliquées. Est-il tombé du haut de l’échelle ? A-t-il était victime d’un malaise cardiaque ? Pour le moment, aucune réponse officielle nous a été communiquée.

Adieu mon ritchie !! Fini d’entendre de nous parler sans cesse Du PSG , te voir arriver chaque garde avec ton velo électrique à 6h58 , manger ta spécialité : le steak haché haricot vert , de voir tes découpage Du Dauphiné tapisser les murs et Le foyer Du CSP , te voir traîner encore à 23h au bureau formation et réclamer chaque gardes tes bouteilles d’eau gazeuses !!! Eh oui tellement de petit choses que tes collègues de La A peuvent confirmer et qui nous manquerons tous !! Adieu l’ami .

Pendant 2 jours, une délégation de responsables de la Sécurité Civile marocaine a été accueillie par des membres du Centre Opérationnel Départemental d’Incendie et de Secours de la Manche.

Cette délégation menée par le Lieutenant-colonel Adil RAIS , directeur adjoint de l’école nationale de la Protection civile de Casablanca, et composée de membre du service opération à l’état major, responsable de la salle de gestion des crises, commandant d’unité dans un centre de secours, responsable de la cellule de formation auprès du directeur général de la protection civile, ingénieur au service de formation du DGPC et d’un ingénieur informaticien avait pour but d’aider à la modernisation de la protection civile Marocaine.

Menée en collaboration avec la Direction de la Coopération Internationale, cette action a  abordé la présentation des systèmes de communication, de traitement de l’alerte, d’information et d’une école de formation Française de sécurité civile.

Après une visite du Centre de Traitement de l’Alerte et du CODIS, la délégation a poursuivi sa visite auprès de partenaires opérationnels du SDIS 50.

C’est avec fierté que le SDIS 50 a accueilli cette Délégation marocaine.

Dans les rangs des sapeurs-pompiers professionnels, il n’est pas rare de trouver des agents possédant un nombre relativement conséquent de spécialités techniques et opérationnelles acquises progressivement, dès le début de leur carrière. Cette diversité témoigne à la fois de la richesse du parcours professionnel des intéressés, que du degré d’investissement personnel exigé pour obtenir –  mais également pour recycler – les qualifications qu’ils détiennent.

Pour autant, est-il raisonnable de penser qu’un sapeur-pompier professionnel peut cumuler plusieurs spécialités techniques (RCH, RAD, IMP, PLG, SD) et surtout, conserver durablement un niveau de compétence acceptable dans chacune d’entre elles ?

Cette question mérite d’être posée, car les disciplines de tronc commun se sont déjà bien étoffées au fil du temps (SUAP, SAP-SR, DIV et INC) et elles demandent elles aussi de la part des SP de cultiver une démarche de maintien des acquis quasi-permanente et – force est de le constater – de plus en plus difficile à concilier avec leur rythme de travail ! 

La proposition qui est faite ici est de mettre brièvement à l’épreuve ce principe de polyvalence, en le confrontant à trois phénomènes aussi indépendants les uns des autres que difficilement contestables, qui sont :

  1. L’élévation constante du niveau de technicité (pluralité des domaines de compétences, connaissances importantes à accumuler, domination de la haute technologie, quelle que soit la discipline) ;
  2. Le déséquilibre entre T de formation/T de disponibilité, c’est-à-dire le volume exponentiel d’heures qu’il est nécessaire de consacrer (en théorie) à la formation au sens large, comparé au niveau de disponibilité décroissant des agents SPP (en pratique);
  3. L’opposition bipolaire entre polyvalence et complémentarité, c’est-à-dire le refus quasi-dogmatique d’une partie de la profession de chercher à trouver un équilibre entre SP « généralistes » et « spécialistes ».

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Cet après-midi à 13h10, les sapeurs-pompiers du SDIS59 ont été sollicités à Tourcoing, rue Nationale, suite à une rupture de canalisation de gaz. Alors qu’ils établissaient un périmètre de sécurité, une explosion s’est produite.

Le bilan fait état de trois sapeurs-pompiers blessés. Un agent Erdf a également été blessé légèrement.

Le contrôleur général Gilles Grégoire et le président du Sdis Jean-René Lecerf, régulièrement informés de la situation par le Codis, ont tenu à dire toute leur émotion et apporter leur soutien aux victimes.

Après contact avec le Samu, il ressort que les trois sapeurs-pompiers ont été classifiés UR (urgence relative).

En plus des SP sur place, le directeur départemental tient également à remercier les équipes du Samu, et leur responsable le Dr Goldstein, pour la prise en compte très rapide des victimes. Au plus fort de l’intervention, 42 sapeurs-pompiers étaient présents sur le site avec trois équipes Smur. Le directeur départemental adjoint, le colonel Spies, s’est également rendu sur les lieux de l’intervention.

Des équipes de Sauvetage-Déblaiement ont également été dépêchées su

r site pour sécuriser le bâtiment.

 

Un rapport intitulé « Impacts et prévention des risques relatifs aux fumées d’incendie pour les sapeurs-pompiers », rendu public il y a quelques jours, est source de remous chez les sapeurs-pompiers et leurs instances dirigeantes. Quels sont les véritables enjeux de ce document ?

Le rapport a fait l’effet d’une petite bombe dans le milieu de la sécurité civile et celui des sapeurs-pompiers en particulier. En tout cas, l’onde de choc a été suffisamment intense pour faire réagir le ministère de l’Intérieur alors en pleine gestion de crise de l’ouragan Maria. Intitulé « Impacts et prévention des risques relatifs aux fumées d’incendie pour les sapeurs-pompiers », le document issu de la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL) a été rendu public lundi dernier. Y est notamment dénoncé le risque accru d’apparition de maladies (cardiopathies, pneumopathies) et de cancers chez les soldats du feu français, en lien avec le manque cruel de certaines mesures de précaution et de prévention.

D’après le rapport, ces maladies seraient surreprésentées chez les sapeurs-pompiers du fait de leur exposition consécutive à des éléments volatils délétères pour la santé, qui se déposent notamment sur les EPI (équipements de protection individuelle) suite aux missions de lutte contre le feu. Phase de déblai réalisée sans ARI (appareil respiratoire isolant), protection respiratoire inexistante lors des feux de forêt, exposition intense et durable aux fumées froides ou aux gaz de combustion pour les formateurs incendie opérant dans les caissons et autres maisons à feu… Autant d’activités moins prestigieuses que l’emblématique lutte contre le feu d’habitation – pour laquelle les sapeurs-pompiers sont correctement protégés – mais qui génèrent, par manque de protections individuelles adéquates, des risques pour la santé potentiellement très graves.

Dénoncée depuis de nombreuses années par les syndicats, la réalité de certaines conditions de travail des sapeurs-pompiers semble cette fois-ci avoir fait mouche.

 

Des conclusions controversées

 

Bien que rendu public en septembre, ce rapport est pourtant daté de mars 2017. Pourquoi un tel laps de temps ? Tout simplement à cause d’un désaccord entre la CNRACL et la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). Cette dernière n’a pas souhaité, en mars 2017, co-signer ce rapport, bien que deux représentants de la DGSCGC aient participé au groupe de travail. « La direction générale n’a pas souhaité que ce document soit publié en l’état, explique Michaël Bernier, porte parole de la DGSCGC car ce rapport manquait de bases et d’appuis scientifiques. »

Certes, le rapport n’est pas le fruit d’une étude à part entière, mais se base sur un ensemble bibliographique de travaux réalisés, pour la plupart, auprès de sapeurs-pompiers à l’étranger (USA, Canada, Suède,…). Ces derniers démontrent néanmoins clairement un lien entre l’activité de sapeur-pompier et l’apparition de cancers. Mais les conditions de réalisation de ces études laissent certains dubitatif. « Peut-on comparer l’exposition aux fumées d’un pompier américain qui ne fait que du feu à un pompier français dont l’activité principale est le secours à victime ? », s’interroge dans un SDIS du centre de la France un responsable de CHSCT. La question se pose d’ailleurs en bien d’autres lieux. Tenues d’intervention, conditions d’emploi, techniques et sollicitations opérationnelles peuvent énormément varier d’un pays à l’autre. Rappelons néanmoins qu’en 2007, le Centre International de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l’activité de lutte contre l’incendie comme « potentiellement cancérigène » pour l’homme.

« Les risques sont clairement avérés, affirme Sébastien Bouvier, expert auprès de la commission prévention de la CNRACL, et chargé de mission pour la CFDT-interco au titre des SDIS. Nous regrettons le peu d’intérêt que la DGSCGC portait à ce rapport. C’est pourquoi nous avons pris la décision de le rendre public. » Jacques Donzel-Gargand, secrétaire du CHSCT du SDIS 74 et syndicaliste CFDT ajoute : « nous en sommes encore à penser que le métier de pompier, c’est “Sauver ou périr“. Ils n’ont pas encore compris en haut-lieu que l’on pouvait “sauver sans périr“. Imaginez que certains de nos cadres pensent encore que la cagoule de feu filtre les fumées ! Je regrette que les choses soient minimisées par les directions des SDIS, à cause d’un manque de directive nationale. » 

 

 

Un rapport qui préoccupe

 

Malgré certaines réticences à accepter telles quelles les conclusions de ce rapport, ce document a tout de même été pris en considération par les autorités, surtout depuis qu’il a été rendu public.  « C’est un sujet qui préoccupe très clairement la DGSCGC dans la mesure où il s’agit de la sécurité des intervenants, affirme Michaël Bernier. L’inspection générale de la Sécurité civile a chargé un de ses agents de suivre ce dossier de très près. Nous ne pouvons pas ignorer ce qu’il y a écrit dans ce rapport. » Le ministre de l’Intérieur a ainsi saisi son homologue de la Santé afin qu’une expertise médicale et scientifique soit réalisée. La réponse ne devrait pas se faire attendre, dit on…

D’ici là, la DGSCGC a entamé une démarche préventive basée sur trois axes. Le premier consiste à diffuser, dans un futur immédiat, une note à l’attention des directeurs de SDIS afin de préconiser des mesures de prévention qui peuvent être mises en place rapidement. « Ce sont des mesures de bon sens, affirme le porte-parole de la DGSCGC. La “DG” n’a d’ailleurs pas attendu pour diffuser ces objectifs. Elle l’avait fait dès la sortie du rapport en mars. Là, elle va les formaliser. »  Le second axe vise à rédiger une plaquette de communication avec des mesures complémentaires à mettre en place. Actuellement en cours d’expertise pour s’assurer de leur réel impact, ces mesures devraient être officialisées au 1er trimestre 2018. Enfin, une fois que l’expertise de la Santé aura été réalisée, la DGSCGC prendra des mesures réglementaires et normatives. A l’heure actuelle, aucune échéance n’est encore annoncée.

 

Dépasser le stéréotype du pompier invincible !

Dr Patrick Hertgen, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France

Ce rapport est une synthèse d’éléments que nous connaissions déjà. Il n’y a pas de nouvelles données à proprement parler. Il se base sur des études antérieures, dont un certain nombre issues d’Amérique du Nord. Or, on ne sait pas si ces résultats peuvent être extrapolés en France car ce ne sont pas les mêmes pratiques, les mêmes expositions, les mêmes matériaux qui brûlent. Les populations non plus ne sont pas les mêmes. Cependant, le fait qu’il n’y ait pas d’éléments nouveaux ne veut pas dire qu’il n’y a pas de sujet. Il existe clairement sur le terrain des pratiques trop légères qui consistent à penser qu’être pompier, c’est « bouffer de la fumée ». Sans être alarmiste, la Fédération engage donc à être très attentif à ces problématiques car la santé, la sécurité et la qualité de vie au travail des sapeurs-pompiers doivent être une réelle préoccupation. C’est ce regard novateur que ce rapport amène qui est intéressant car il faut dépasser le stéréotype du pompier invincible.

 

Un problème de culture… et de coût

 

« Le problème, c’est que le sapeur-pompier n’a aucune information sur les risques qu’il encoure en dehors de sa mission de lutte contre le feu, explique Jacques Donzel-Gargand, secrétaire du CHSCT du SDIS 74. Pour le danger à l’instant T, il n’y a pas de problème, le SP est bien équipé et protégé et il connaît les risques liés à sa mission. Mais il n’y a aucune préoccupation concernant l’après intervention. Il faut arrêter de penser que le pompier est un super-héros ! »

La culture de la prévention et de la santé et sécurité au travail est en effet le parent pauvre chez les sapeurs-pompiers. « Il va falloir rentrer dans la tête des COS (commandant d’opération de secours) qu’un ARI ne s’enlève pas lors de la phase de déblai, peut on entendre dans les CHSCT. Ca va grogner, mais il faut que ça rentre. » Quant aux autres propositions exprimées dans le rapport, il est clair que nombre d’entre elles vont coûter une somme d’argent non négligeable et amputer sensiblement le budget des SDIS. D’où les expertises réalisées actuellement par la DGSCGC pour connaître leur réel impact et s’assurer que l’investissement est justifié. Comme le dit l’adage, la sécurité n’a pas de prix, mais elle a un coût…

Cette question du coût, même si elle n’est encore officiellement que très peu abordée, est une réelle source d’inquiétude – et peut être un frein – pour les financeurs et les directeurs de SDIS. L’Association nationale des directeurs et directeurs adjoints des services d’incendie et de secours (ANDSIS) n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet. On ne peut ignorer non plus que la plupart des études sérieuses réalisées dans les autres pays ont été faites suite à des nécessités d’indemnisation des victimes. Si demain le lien entre activité professionnelle du sapeur-pompier et apparition de cancers était clairement démontré en France, la question de l’indemnisation devra sûrement se poser. « Nous n’avons pas mené ce travail pour faire reconnaître une quelconque maladie professionnelle, assure Sébastien Bouvier, expert auprès de la commission prévention de la CNRACL. Nous avons engagé ces mesures préventives pour justement éviter, en amont, le développement de ces maladies. »

Embrasement généralisé ou feu de paille, ce rapport a en tout cas permis de pointer du doigt une véritable problématique et de modifier le regard que l’on portait jusque là sur ceux qui, dévoués à protéger la vie des autres, ont trop tendance à oublier la leur.

 

Le cas parisien

Au sein de la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), « on ne découvre pas le sujet », annonce le lieutenant-colonel Gabriel Plus, chargé de communication. Ce qui n’empêche pas de prendre « très au sérieux » les alertes contenues dans ce rapport. « Le travail croisé dans le domaine SST a déjà motivé depuis plusieurs années la mise en place d’un certain nombre de mesures concrètes de précaution complémentaires en termes d’effets de protection (études sur les EPI favorisant la rotation des nettoyages après leur port lors d’intervention pour feu, gestion des effets, port de l’ARI), en terme d’organisation (officier sécurité, soutien sanitaire opérationnel sur les lieux, suivi du personnel) ou en terme de procédures opérationnelles (dès la formation du personnel, emploi de la ventilation opérationnelle, relève du personnel, remise en condition). Nous nous inscrivons dans une démarche d’amélioration continue en s’appuyant sur des groupes de travail ad ‘hoc pluridisciplinaires et interministériels, sur l’exploitation d’études scientifiques en cours (LCPP, CRAMIF) et ce, en coordination avec la DGSCGC. »

 

Sylvain Ley  Secours Mag 28 SEPTEMBRE 2017