Etabli en 2012 par Nicolas Sarkozy et supprimé en 2014 par François Hollande, le jour de carence pour les fonctionnaires sera de nouveau effectif comme l’ont voté les députés cette nuit.
Il s’agit d’un jour qui sera défalqué en cas d’arrêt maladie, même court.

Les objectifs de ce jour de carence sont multiples : économies pour les finances publiques, baisse de l’absentéisme dans le fonction publique et surtout harmonisation des statuts entre le public et le privé. En effet, les salariés du privé, eux, subissent trois jours de carence, même si deux tiers des conventions collectives prennent en charge ces jours.

Depuis le vendredi 17 novembre, une partie des pompiers du Val D’Oise est en grève. Ils dénoncent une dégradation des conditions de travail qui “met la population en danger” et réclament une augmentation des effectifs.

A bout de souffle, au bord du burn out“, les sapeurs-pompiers du Val d’Oise sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail. Selon la CGT Sdis Val d’Oise, plus de la moitié des agents serait gréviste dans le département ce mardi, dans certaines casernes le chiffre atteindrait même les 100%, selon le syndicat. Ce sont principalement les secteurs d’Argenteuil, Osny, Bezons, Sarcelles qui seraient touchés par la grogne. “A Argenteuil, ce dimanche, ils étaient seulement 14 pompiers de garde pour une population de plus de 100 000 habitants“, dénonce Peter Gurruchaga, secrétaire général CGT Sdis 95. “les pompiers partent en intervention parfois 20h sur 24, les casernes sont souvent vides. Ils sont épuisés, ces conditions mettent la population en danger!“. Réunis en intersyndicale (CGT Sdis 95, SUD Sdis 95, SA Sdis 95), les pompiers du département  réclament une augmentation des effectifs mais aussi une meilleur répartition des agents entre les casernes. 

Le mouvement n’impacte pas pour autant les interventions dans le département. Les agents déclarés grévistes sont réquisitionnés par la préfecture. 

COLÈRE. Les cinq organisations syndicales des sapeurs-pompiers professionnels du Sdis du Gard ont mis fin lundi soir à leur mouvement de colère entamé depuis plusieurs semaines, après la signature d’un protocole avec dix engagements entre le président du conseil départemental du Gard et le président du conseil d’administration du Sdis 30.

Les casqués gardois étaient en grève, tout en assurant les interventions. Ils ont notamment manifesté devant la préfecture et sur les voies ferroviaires en gare SNCF de Nîmes, où le trafic des trains avait été perturbé.

“Ce lundi en préfecture du Gard, sous la présidence de M. Didier Lauga, préfet, de Denis Bouad, président du Département, d’Alexandre Pissas, président du Sdis 30 et les partenaires sociaux ayant constitué l’intersyndicale, ont signé le protocole d’accord mettant ainsi fin au conflit social en cours. Le soutien et l’engagement du Département envers le Sdis sont à signaler et à mettre en valeur. La responsabilité des partenaires sociaux tout au long de cette difficile période est également à noter. Ce protocole offre au Sdis l’opportunité d’un accroissement de ses effectifs, va permettre d’améliorer la sécurité des sapeurs-pompiers en intervention et confirme sa volonté de renforcer le maillage territorial en centres de secours. La mise en œuvre de l’ensemble des éléments portés par ce protocole va permettre d’améliorer la qualité des secours que les sapeurs-pompiers du Gard fournissent à la population. Le président du Sdis et le directeur départemental se félicitent de cette issue”, a réagi le Sdis du Gard.

“Le socle d’un nouvel élan”

Dans la foulée, l’intersyndicale a adressé un communiqué aux casqués gardois et à la presse pour se féliciter de cette issue et pour rendre hommage au préfet : “C’est fait, les représentants syndicaux ont signé le protocole d’accord qui lie le Sdis 30 et le conseil départemental du Gard pour les prochaines années. Ce document est le socle d’un nouvel élan qu’il faut désormais faire vivre en interne, avec la direction du Sdis et le président du conseil d’administration. Il est aussi le fruit de la mobilisation de l’ensemble des pompiers gardois, qui a reçu un soutien sans faille de la population dès l’origine de ce conflit. Il faut que nous ayons tous conscience de ce lien précieux et œuvrer sans cesse et sans relâche pour le renouveler et le consolider. Le temps est donc venu de mettre fin au mouvement de grève et des actions afférentes à celui-ci. Nous souhaitons insister sur le fait qu’il s’agit d’une victoire pour le service public et la qualité du secours dans le Gard. Ce conflit a été mené dignement. Il convient de souligner qu’il s’est mené dans le cadre d’une loyauté sans faille à l’intérieur des Organisations Syndicales, et c’est certainement une des clés de sa réussite. À présent, vos représentants vont poursuivre le travail avec le Directeur et nous avons déjà demandé l’organisation d’une réunion rapide pour mettre à plat un certain nombre de problématiques qui restent entières. Nous tenions également à souligner, même si cela a été compliqué au départ, l’écoute dont a fait preuve une partie des élus. Cette écoute s’est finalement traduite par le contenu du protocole que nous avions déjà diffusé et qui nous donne satisfaction. Pour terminer, nous souhaitons rendre hommage à un grand préfet, Didier Lauga qui a été un pilier essentiel dans la gestion de ce conflit jusque dans son aboutissement”.

Et de citer Sénèque : « Seul l’arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c’est dans cette lutte que ses racines, mises à l’épreuve, se fortifient. ».

Des postes créés

“Toutes nos revendications sont acceptées. Et il y a un consensus sur les délais”, se félicite ainsi Nicolas Nadal du syndicat Sud pompiers 30. La délégation des syndicats Sud, FA, CGT, SNSPP et Avenir secours ont gagné dans ce bras de fer, grâce à la mobilisation des troupes.

Le protocole d’accord permet de créer 28 postes de pompiers professionnels dans le Gard, dont 22 sapeurs pour la nouvelle caserne de Nîmes Ouest et 6 pour le centre de secours principal d’Alès. Des départs en retraite vont être remplacés. De 673 actuellement, le nombre de casqués va passer à 701 d’ici 2022.

Agressions récurrentes

37 pompiers seront affectés à la nouvelle caserne opérationnelle en 2020, à la périphérie ouest de Nîmes. Le matériel qui n’est plus aux normes sera renouvelé. Une augmentation de 420’000 € est prévue au budget prévisionnel 2018, qui s’élèvera à 42,42 M€. Une convention va être signée entre le Sdis 30, l’Agence régionale de santé -ARS- d’Occitanie et le CHU Carémeau de Nîmes pour l’organisation des secours et assistances.

Reste que l’intersyndicale redouble de vigilance sur une autre réalité difficile à encaisser au quotidien : les agressions, parfois très violentes dans la zup ouest et notamment à Pissevin. Le préfet du Gard et le procureur de la République de Nîmes sont conscients du problème et du danger humain. Des actions concrètes sont en cours pour tenter de trouver une solution.

Les pompiers du Rhône ont manifesté lundi 6 novembre pour dire stop aux agressions qu’ils subissent quand ils interviennent, notamment dans les quartiers sensibles. Ils étaient 300 soldats du feu à se rendre devant la préfecture du département à Lyon.

Entre 200 et 300 pompiers du Rhône ont manifesté lundi matin à Lyon à l’appel du syndicat Sud pour dénoncer la recrudescence des agressions dont ils sont victimes et « l’impunité » de leurs auteurs.

Derrière deux banderoles proclamant « On n’est pas des cibles » ou « Pompiers agressés, Stop à l’impunité », et aux cris de « La police avec nous », les soldats du feu en tenue se sont rendus aux abords de la préfecture, protégés par des cordons de police et gendarmerie.

Marseillaise et bouquet de roses

Allumant des fumigènes bleu, blanc, rouge, le cortège s’est alors immobilisé pour entonner la Marseillaise.

Une délégation devait être reçue notamment par le préfet délégué à la Sécurité, Étienne Stoskopf, et par le directeur départemental des services d’incendie et de secours (SDIS) du Rhône, Serge Delaigue.

Un bouquet de roses rouges à la main, un des manifestants distribuait ces fleurs aux femmes policières en signe de soutien mutuel avec les forces de l’ordre.

Des caméras pour montrer les agressions

Symboliquement en grève ce lundi, car réquisitionnés d’office, les soldats du feu réclament « une réponse pénale adaptée » pour les auteurs d’agressions, ainsi que « l’anonymat du dépôt de plainte », a expliqué Rémy Chabbouh, délégué syndical.

Ils demandent en outre à être équipés de caméras portatives, afin de pouvoir filmer leurs interventions, en particulier dans les quartiers sensibles, ainsi que des « effectifs supplémentaires dans les casernes, les jours à risque », comme le réveillon du Jour de l’an.

Dans la nuit d’Halloween, du 24 au 25 octobre, les pompiers de Feyzin, près de Lyon, intervenant sur des feux de voitures, avaient été la cible de jets de pierre et de cocktails Molotov

Près de 2,5 millions d’appels annuels, quelque 500.000 interventions, dont 14.000 concernent des incendies. Et 8.600 hommes prêts à intervenir aux quatre coins de Paris et de la petite couronne. Ce lundi, la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris – le plus grand corps de sapeur-pompier en Europe et le troisième au monde, derrière New York et Tokyo – fêtait son 206e anniversaire dans la cour des Invalides. « Vous êtes un élément clé de la sécurité et de la sérénité de la nation », a salué la ministre des Armées, Florence Parly, qui a insisté sur la « capacité d’adaptation » de la brigade face aux nouveaux risques, notamment terroriste.

>> A lire aussi : Confrontés à des difficultés de recrutement, les sapeurs-pompiers tirent la sonnette d’alarme

« Nous ne connaissons pas les conséquences sur la santé de ce type de matériaux »

Hasard du calendrier, l’anniversaire de la BSPP intervient moins d’une semaine après la publication d’un rapport* sur la surmortalité par cancer des pompiers. Selon les données recueillies, les fumées toxiques auxquelles sont exposées les soldats du feu lors des incendies favoriseraient l’apparition de cancers des poumons, de la gorge, de la trachée ou encore du larynx. Le ministre de l’Intérieur a saisi son homologue de la Santé pour que puissent être réalisées des expertises médicales et scientifiques.

« Même si nous n’avons pas constaté au sein de nos effectifs la surmortalité évoquée dans ce rapport, nous ne pouvons pas nous permettre le moindre doute sur le sujet », assure le général Jean-Claude Gallet, qui vient de prendre la tête de la brigade. Et de préciser : « Les matériaux de construction évoluent, les revêtements, colles et autres ne sont plus les mêmes et nous ne connaissons pas leurs conséquences sur la santé lorsqu’ils sont détruits par le feu. »

En mars,la BSPP avait annoncé le remplacement progressif des tenues. Meilleure résistance à la chaleur, revêtement extérieur sans aspérité, couleur vive afin d’être aperçu de loin… Dès l’année prochaine, les casernes de Paris et de la petite couronne seront également équipées de sas de décontamination. « C’est une sorte de soufflerie qui permettra d’évacuer les suies potentiellement toxiques », précise le général. En 2016, quelque 350 pompiers ont été blessés en intervention. Aucun décès n’est, en revanche, à déplorer depuis 2015.

Quatre appels abusifs sur cinq

Autre chantier en cours : la lutte contre les appels abusifs. Sur les 2,5 millions d’appels reçus chaque année, seul un sur cinq nécessite une intervention. Malgré de multiples campagnes de prévention, les appels pour des soucis de santé ne revêtant aucun caractère urgent mais également pour des animaux domestiques perdus ou coincés sur un toit, pour des problèmes de voisinage voire de serrurerie restent constants.

« Les Parisiens ont pris la mauvaise habitude de se tourner vers les pompiers au moindre souci, même lorsque cela n’a rien à voir avec nos prérogatives », déplore le général. Certains éléments factuels, notamment la difficulté de prendre rendez-vous chez le médecin, peuvent expliquer ces appels intempestifs mais les mauvaises habitudes ont la vie dure.

 

* Rapport commandé par la Caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales (CNRACL)

Ce n’est pas la première fois que des sapeurs-pompiers sont la cible d’incivilités mais cette fois semble être la fois de trop.

“Un palier est franchi dans la violence”

Dans la nuit de mardi à mercredi, un véhicule de pompiers de Feyzin intervient dans le quartier sensible des Minguettes à Vénissieux. Alors qu’il s’engage dans la rue Gaston Monmousseau, des poubelles en feu placées devant lui l’empêche de progresser. Des barrières sont alors installées rapidement à l’arrière pour éviter qu’il ne recule ou fasse demi-tour. C’est à ce moment que des pierres et surtout, un cocktail Molotov sont lancés contre le camion. “On a déjà eu affaire malheureusement à des jets de pierres mais là, un cocktail Molotov, c’est la première fois, un palier a été franchi” explique Rémy Chabbouh, secrétaire général du syndicat SUD SDIS 69, interrogé par Radio Scoop. “Pour nous, ce n’est pas seulement une incivilité mais bien une tentative d’homicide” poursuit-il.

Préavis de grève pour la rentrée

Heureusement, pas de blessés du côté des 6 pompiers pris au piège, seulement des dégâts matériels.
Face à ce nouvel épisode de violences, le syndicat SUD a déposé un préavis de grève national pour le lundi 6 novembre et demande aux effectifs de pompiers de France d’arrêter leurs activités pendant 69 minutes (comme le numéro du département) en soutien à leurs collègues du Rhône. Un rassemblement de soutien devrait également se tenir ce jour là.

Les responsables syndicaux demandent également à être reçus au plus vite par le préfet délégué à la sécurité et également par la maire de Feyzin, sans réponse jusque là.

Environ 250 pompiers ont manifesté ce lundi à Nîmes pour réclamer davantage de moyens humains et matériels, avant d’entamer une grève illimitée et d’envisager d’établir un campement devant la préfecture du Gard, a-t-on appris auprès du syndicat Sud Sdis Gard. 

“On espérait être entendus ce matin, ce n’est pas le cas, donc on rentre en grève illimitée, on va mettre en vente notre caserne sur le Bon coin et la déplacer devant la préfecture”, a indiqué le secrétaire départemental du syndicat Sud du Sdis, Nicolas Nadal. “La continuité du service public sera assurée”, a-t-il affirmé. 

Les soldats du feu qui ont subi plusieurs agressions ces dernières semaines à Nîmes, réclament “le renouvellement de 57 camions de feux de forêt et un budget conséquent pour recruter” du personnel, a-t-il ajouté.

Une activité en augmentation

“Ça devient de plus en plus compliqué de travailler dans ces conditions d’insécurité, on est à effectif constant depuis 2003 alors que l’activité a augmenté de 20%”, a souligné le représentant syndical.

Une délégation a été reçue finalement par le président du Sdis du Gard et le directeur de cabinet du préfet, “sans annonces particulières”, a regretté Nicolas Nadal.

POMPIERS – Environ 250 pompiers ont manifesté ce lundi 23 octobre à Nîmes pour réclamer davantage de moyens humains et matériels, avant d’entamer une grève illimitée et d’envisager d’établir un campement devant la préfecture du Gard, a-t-on appris auprès du syndicat Sud Sdis Gard. 

“On espérait être entendus ce matin, ce n’est pas le cas, donc on rentre en grève illimitée, on va mettre en vente notre caserne sur Le Bon Coin et la déplacer devant la préfecture”, a indiqué le secrétaire départemental du syndicat Sud du Sdis, Nicolas Nadal.

Et sur le site de petites annonces, la caserne était bien mise en vente ce lundi, sous l’appellation “Ancien bâtiment administratif”, avec quatre photos à l’appui.

Conditions d’insécurité

Les soldats du feu qui ont subi plusieurs agressions ces dernières semaines à Nîmes, réclament “le renouvellement de 57 camions de feux de forêt et un budget conséquent pour recruter” du personnel, a par ailleurs ajouté Nicolas Nadal.

“Ça devient de plus en plus compliqué de travailler dans ces conditions d’insécurité, on est à effectif constant depuis 2003 alors que l’activité a augmenté de 20%”, a souligné le représentant syndical.

Les pompiers, qui étaient 200 selon la préfecture, se sont d’abord rassemblés dans la matinée devant le conseil départemental à Nîmes, puis devant la préfecture où ils ont lancé de la neige carbonique. Ils ont ensuite pris la direction de la gare où ils ont perturbé le départ des trains, puis sont allés à un péage de l’autoroute A9.

Une délégation a été reçue finalement par le président du Sdis du Gard et le directeur de cabinet du préfet, “sans annonces particulières”, a regretté Nicolas Nadal.

Plus de vingt ans après la départementalisation des Sdis de 1996, le ministre de l’Intérieur a plaidé, le 14 octobre, pour une organisation “à la carte” des secours, afin de tenir compte du nouveau contexte territorial, notamment de la métropolisation. Invité à clôturer le 124e congrès des sapeurs-pompiers, à Ajaccio, le ministre a par ailleurs confirmé les engagements pris par le président de la République, le 6 octobre.

Dès 2018, “des discussions approfondies” seront menées avec l’Assemblée des départements de France (ADF) et l’Association des maires de France (AMF) au sujet de l’organisation et du financement des services départementaux d’incendie et de secours, a assuré le ministre de l’Intérieur, samedi 14 octobre, en clôture du 124e congrès des sapeurs-pompiers, à Ajaccio. Gérard Collomb souhaite adapter le modèle hérité de la départementalisation de 1996 à la nouvelle donne territoriale avec la montée en puissance des métropoles et les quelques projets de fusions de départements.  “Ma ligne est simple : ne rien imposer. Mais ne rien interdire aux acteurs locaux”, a insisté le ministre, proposant une “organisation à la carte qui corresponde mieux à la diversité de la France”. Selon lui, “le modèle hérité de la loi de 1996 mérite des adaptations”. “Comment ne pas voir en effet que, comme la France ne se structure plus autour des cantons, les services de secours doivent renouveler leur forme d’organisation ?”, a-t-il interrogé. Il veut ainsi encourager de nouveaux types d’organisation, comme celui de Lyon dont il est l’ancien maire où, depuis la création de la métropole, le service d’incendie et de secours se trouve désormais placé sous la double tutelle du département et de la métropole. Il souhaite aussi favoriser les regroupements de Sdis actuellement en gestation dans certaines régions. 
Pourtant la veille, le président de l’Assemblée des départements de France, Dominique Bussereau, avait tenu à défendre le modèle de la départementalisation qui, selon lui, “a fait ses preuves”. “Le travail à trois entre les départements, les communes et l’Etat fonctionne bien, même s’il faut certainement adapter l’organisation et la gouvernance des Sdis à des échelles différenciées”, a-t-il souligné, à l’occasion de ce congrès. Pour les départements, qui sont aujourd’hui les principaux financeurs des Sdis, il y a urgence à retrouver “des marges d’investissements”, sachant que l’investissement des Sdis est en chute libre (- 33% depuis entre 2010 et 2016). “Si les mutualisations Sdis-département et inter-Sdis sont croissantes et permettent des économies, l’Etat doit s’engager sur leur financement”, fait valoir l’ADF, dans un communiqué du 13 octobre. Elle demande “a minima”, que la dotation d’investissement introduite dans le budget de 2017 soit “pérennisée à hauteur de 20 millions d’euros”. L’ADF réclame aussi une réflexion visant à “réduire les inégalités du coût par habitant des Sdis d’un département à l’autre”.

Comité des financeurs : une réunion prévue en décembre

Répondant à une demande de l’ADF et de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Jacqueline Gourault, ministre déléguée auprès de Gérard Collomb, a indiqué, vendredi, que le comité des financeurs de Sdis – qui réunissait les acteurs de la sécurité civile autour de l’Etat – était “une bonne idée” et qu’il pourrait se réunir à nouveau d’”ici décembre”, “afin de notamment évoquer la rationalisation des Sdis et leur équipement”. 
Lors des discussions, le député LR de l’Ain Damien Abad a invité à réfléchir à d’autres pistes de financement, comme le déplafonnement des contributions communales aujourd’hui gelées. Ce faisant, toutes charges nouvelles des Sdis reposent exclusivement sur les départements. “Ce que nous ne voulons pas, c’est d’une France de la sécurité civile à deux vitesses, avec une dynamique financière qui se crée avec les métropoles, et de l’autre côté des déserts de sécurité civile qui seraient les territoires ruraux”, a-t-il mis en garde, défendant lui aussi le modèle de la départementalisation.
Le ministre de l’Intérieur a défendu le maillage territorial, laissant cependant place au doute. “Là où certains territoires se sentent abandonnés, vous assurez, par un maillage de 6.500 centres d’incendies et de secours, une présence permanente, au point que dans certaines zones, les sapeurs-pompiers constituent, avec les communes, le seul service public qui demeure”, a-t-il déclaré. Seulement, la FNSPF évoque, elle, un maillage actuel de 6.800 casernes. Est-ce à dire que 300 casernes sont encore amenées à fermer ?

Volontariat : de nouvelles propositions d’ici mars 2018

Gérard Collomb est par ailleurs venu confirmer plusieurs engagements pris par le président de la République le 6 octobre, comme l’achat à partir de 2018 de six avions bombardiers d’eau. Le président de la FNSPF, Eric Faure, avait avant lui souligné que les incendies de l’été et les récents ouragans, avaient accentué la pression déjà très forte exercée sur les pompiers. “Sans changements, combien de temps résistera-t-on encore à la pression ?”, a-t-il lancé. Le ministre de l’Intérieur a déclaré porter une “nouvelle ambition” sur le volontariat, alors que l’engagement pris à Chambéry en 2013 n’a pas permis de repasser la barre des 200.000 volontaires, en raison en particulier des difficultés de concilier ce statut avec les contraintes familiales et professionnelles. A cet égard, le ministre a dit souhaiter “de nouvelles formes de volontariat, plus souples, plus flexibles, plus adaptées aux modes de vie modernes”. Pour cela, une réflexion sera conduite autour de “personnalités représentatives” (parlementaires, élus locaux, membre des organisations patronales, chefs d’entreprises, sociologues, géographes) afin de “formuler d’ici le mois de mars 2018 des propositions audacieuses, pour inventer le volontariat du XXIe siècle”. Le ministre veut notamment “mobiliser les habitants des quartiers populaires” et encourager “la féminisation” des volontaires, alors qu’une femme sur deux renonce à son engagement au bout de cinq ans. Il souhaite aussi  “valoriser l’engagement comme sapeur-pompier volontaire dans le cadre du futur service national universel”, comme l’a demandé le président de la République, il y a dix jours.
S’agissant des professionnels, le ministre a annoncé vouloir confier à l’Inspection générale de l’administration et l’Inspection générale des affaires sociales, une mission conjointe pour établir un état des lieux précis sur “la surcotisation de retrait” et sur “la continuité statutaire” des sapeurs-pompiers, comme le demande la FNSPF.
Répondant à une revendication forte de la fédération, Gérard Collomb a par ailleurs salué la création de plateformes communes pour les appels d’urgence et souhaité qu’à “horizon cinq ans” ne subsiste qu’un numéro d’appel (le 112) au lieu des cinq existants. Il a aussi confirmé “la mise en place sur le quinquennat d’un système d’information commun à tous”. Plusieurs mesures ont été annoncées pour “améliorer le quotidien” des pompiers. Il leur suffira d’être titulaires d’un permis B pour conduire des engins de 5,5 tonnes, moyennant “quelques heures de formation”. Une mesure valable aussi bien pour les quelque 250.000 sapeurs-pompiers (professionnels et volontaires), que “les personnels de la sécurité civile” et “les bénévoles d’associations de secours agréées”.

Personnes “en détresse”

Constant la très forte augmentation du nombre d’interventions des pompiers du fait des secours aux personnes (80% du nombre de sorties), le ministre a indiqué avoir demandé au directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises de “mener au plus vite des discussions approfondies” avec les services du ministère des Solidarités et de la Santé autour de deux problèmes : les carences ambulancières et les personnes “en détresse” secoures plus souvent pour des raisons “sociales que sanitaires”. Sur ce dernier point, il a demandé qu’un groupe de travail associant le ministère des Solidarités et de la Santé et l‘ADF soit lancé “immédiatement”, “afin que des propositions soient formulées d’ici la fin de l’année”.

Face aux “nouveaux risques”, tels que la menace terroriste, Gérard Collomb a réaffirmé l’engagement récemment pris par Emmanuel Macron de “former, à court terme, 80% de la population” aux gestes de premiers secours. Il a aussi confirmé la volonté de constituer une “flotte européenne de sécurité civile”, avec l’objectif que d’ici cinq ans, elle soit dotée d’une vingtaine de bombardiers d’eau  “mobilisables à tout moment pour répondre à une situation extrême dans l’arc méditerranéen”.
La FNSPF a salué, dans un communiqué du 14 octobre, ce “premier pas vers le cap fixé par le président de la République” le 6 octobre et pris acte “de l’ensemble des chantiers ouverts par le ministre de l’Intérieur”. Elle demande à présent “qu’ils démarrent au plus vite”.

L’enquête sur l’incendie d’une ambulance des sapeurs-pompiers le 24 juin 2015 à Duingt a pris un tournant décisif ces dernières semaines, avec l’arrestation d’un troisième individu, considéré comme le principal suspect dans cette affaire qui avait profondément ému la Haute-Savoie.

Cette nuit-là, les sapeurs-pompiers étaient appelés pour prendre en charge un homme agressé et gravement blessé. Alors qu’ils transportaient la victime vers l’hôpital d’Annecy, ils étaient doublés par un véhicule qui se mettait en travers pour leur bloquer la route.

Des coups de feu avaient alors retenti et les agresseurs avaient incendié l’ambulance, avant de prendre la fuite.

La victime, avait survécu à l’agression après avoir été secourue par un routier et avait été interrogée par les gendarmes de la section de recherches de Chambéry, en charge de l’enquête. Après quelques mois d’investigation, deux premiers individus avaient été arrêtés mais le principal suspect avait pris la fuite en Afrique du Nord.

C’est cet homme qui a été arrêté en haute-Savoie dans le courant de l’été près de Seynod par les gendarmes de la brigade des recherches d’Annecy épaulés par des militaires de la brigade locale. Le procès d’assise se tiendra en décembre, au tribunal d’Annecy, en présence de tous les suspects…

Source leDauphine.com