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Mouvement de grève chez les sapeurs-pompiers de l’Yonne

Un mouvement de grève a débuté, ce lundi 19 juin, chez les sapeurs-pompiers de l’Yonne. En cause, la suppression de 10 postes votée par le conseil d’administration du Sdis.

À l’initiative des syndicats SNSPP, PATS et FO, le mouvement de grève débute ce lundi 19 juin, “pour une durée illimitée“, précise John Lesidaner, secrétaire général du syndicat.  “Notre priorité est de sauver ces dix postes de sapeurs-pompiers professionnels. Ils concernent les cinq centres de secours mixtes, à savoir Auxerre, Sens, Joigny, Avallon et Tonnerre. Aujourd’hui, les effectifs sont à bout de souffle”.

Ce lundi, la grève est surtout suivie dans le nord du département. “Mais elle n’a aucune incidence sur notre action et les interventions“, précise le délégué syndical.

“Ne voulant surtout pas être accusés de faire de la politique, nous avions décidé d’entamer cette grève le lendemain des résultats des élections législatives. Cette décision va néanmoins nous mettre rapidement en difficulté en raison de la victoire de M. André Villiers dans sa circonscription, car je ne suis pas sûr qu’il puisse toujours assurer la présidence de notre administration durant ce conflit social”, indique également John Lesidaner.

Antonin Bisson

La photo virale qui résume le combat et les sacrifices des pompiers portugais

Le centre du Portugal fait face depuis cinq jours à un immense incendie, qui a tué 64 personnes. Au plus près des flammes, beaucoup de pompiers volontaires.

Sur les réseaux sociaux, où le temps d’attention est limité par la nature même de l’environnement, l’essence d’un événement médiatique majeur se résume parfois à une image extrêmement forte, un dessin de ralliement ou une courte vidéo. Il reste souvent cela, un visuel parmi d’autres qui n’existe dans nos flux que parce qu’il est facilement partageable et reconnaissable. Dans le meilleur des cas, il peut aussi être une porte d’entrée pour comprendre la complexité de l’événement.

Dans le cas de l’immense incendie qui brûle le centre du Portugal depuis cinq jours et a tué soixante-quatre personnes, c’est une photo de pompiers exténués qui a émergé. Elle a été diffusée, le 18 juin, par Pedro Brás, un des 1 200 pompiers portugais qui se succèdent pour essayer de venir à bout des flammes. On y voit treize de ses collègues effondrés sur l’herbe, comme des mannequins, tombés dans le sommeil sans même avoir parfois enlevé leurs combinaisons.

La légende précise :

« Après une nuit et un jour de combat contre l’incendie forestier de Góis, nous avons eu droit à vingt-cinq minutes sur la plage fluviale, alors qu’elle était encore entourée de fumée. »

« J’ai pris [cette photo] près du village d’Alvares, dans la région de Góis, explique Pedro Brás au site espagnol El Pais Verne. On se reposait pendant que les véhicules remplissaient leurs réservoirs d’eau. » Il faisait partie d’un détachement de pompiers venus d’une soixantaine de kilomètres de Góis. Les sigles qui suivent son message sont ceux d’autres groupes de pompiers venus d’autres localités, comme Tondela ou Cabanas Viriato, dont sont originaires les pompiers allongés sur la photo.

Tous, comme Pedro Brás, sont des pompiers volontaires. Le Portugal en compte 40 000, la principale force de réponse aux incendies qui frappent le pays presque tous les étés.

Un écosystème numérique devient plus visible

L’image de Pedro Brás résume pour celui qui suit la tragédie loin du Portugal, derrière son écran, le sacrifice de ces pompiers, venus de loin pour se battre contre un incendie immense et imprévisible. Des pompiers éreintés par ce combat dont le seul moment de répit sont ces vingt-cinq minutes glanées en vingt-quatre heures.

La photo a d’abord été postée sur la page Facebook personnelle du pompier. Sa viralité – près de 6 000 partages et une visibilité hors du Web portugais – a été assurée par une autre page FacebookRespeito pelos Bombeiros (« respect pour les pompiers »). Elle a été créée en 2014 et décrit sa mission simplement comme « aider les pompiers, aider ceux qui nous aident tant ».

Dans les jours qui ont suivi le départ de cet incendie « à la dimension de tragédie humaine jamais connue jusqu’ici »selon l’expression du premier ministre portugais, Respeito pelos Bombeiros est devenu un indispensable outil pour relayer des informations en temps réel et donner une visibilité à toutes les pages Facebook, de particuliers comme Pedro Brás ou de différents détachements de pompiers, parfois venus de France, qui postent leurs propres photos de l’incendie.

Elle a aussi comme utilité d’être le lieu où peuvent être démenties de fausses informations. Lorsque des articles ont rapporté que la piste criminelle était envisagée ou qu’un bombardier d’eau s’était écrasé, ils ont vite été démentis par les commentaires.

Des appels aux dons, aliments, boissons, habits ou argent sont relayés. Des messages de personnes à la recherche des proches disparus le sont aussi. En faisant défiler la page, on tombe régulièrement sur les visages des victimes de l’incendie. Des messages repris d’une autre page – Ate sempre (« à jamais ») – permettent de laisser un mot d’hommage.

La plupart des personnes mortes dans l’incendie l’ont été alors qu’elles roulaient dans leur véhicule, « englouti » lorsque le sinistre s’est violemment déclaré. On retrouve dans le bilan humain le nom d’un pompier, Gonçalo Assa, abondamment cité dans toutes ces pages Facebook, suivi du hashtag #herois (#héros).

On retrouvait le même hashtag, mais en anglais, #heroes, accompagnant d’autres images de pompiers se reposant après une intervention. C’était le 14 juin à Londres, après l’incendie de la Grenfell Tower dans lequel 79 personnes sont mortes ou présumées mortes.

 LE MONDE | Par Luc Vinogradoff

 

Un pompier porte plainte contre le SDIS 974 pour discrimination

Le Sergent-chef Christophe Pelerin, sapeur-pompier professionnel, porte plainte contre son employeur pour discrimination à l’avancement, et pointe du doigt des méthodes syndicales qui désavantagent les métropolitains au profit des Réunionnais.

Christophe Pelerin n’est pas nouveau dans le métier: Cela fait 21 ans qu’il est sapeur-pompier professionnel. Après avoir été reçu aux examens à La Réunion en 1996, l’ancien militaire s’est mis à la recherche d’un poste. Ne trouvant pas de travail sur l’île, il part en métropole où il est embauché dans une caserne de l’Essonne. Quatre ans plus tard, M. Pelerin revient à La Réunion à la faveur d’un rapprochement de conjoint.

Depuis 2001, Christophe Pelerin est passé par les casernes de Saint-Pierre, la Saline, il a intégré le service de formation secourisme, puis il a été à Saint-Louis, avant de rejoindre le GRIMP (groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux) à la Possession.

Chaque année, il est noté. Les mêmes commentaires reviennent souvent: “Un bon élément”, “compétent”, “efficace dans ses fonctions”. Un à un, il gravit les échelons, “non sans difficulté”, concède-t-il, mais “ça finit toujours par se faire”.

En 2015, alors âgé de 40 ans, il a bon espoir de passer adjudant. Un grade auquel il est éligible, puisqu’il est sergent depuis plus de six ans, et qu’il est déjà chef d’agrès tous engins.

Mais coup de théâtre en octobre de cette année-là : Le SDIS 974 change les règles du jeu.

De nouveaux critères d’avancement, réalisés en concertation avec les syndicats, sont publiés, pour les grades de caporal, caporal-chef, sergent et adjudant.

Christophe Pelerin, qui prend connaissance de cette note, pointe aussitôt du doigt plusieurs critères:

– Au lieu de prendre en compte les années d’expérience des sapeurs-pompiers, on considère leur ancienneté dans le corps, ce qui favorise ceux qui ont fait toute leur carrière à La Réunion et, à l’inverse, retire des points à ceux qui ont été pompiers ailleurs en France.

– Plus l’agent est âgé, plus il a de points lui permettant d’accéder au grade supérieur.

Enfin, trois points de bonification sont accordés “pour assiduité” aux pompiers ayant eu moins de dix jours de congés maladie l’année précédente.

Ces trois critères sont discriminatoires, met en avant M. Pelerin, puisqu’il s’agit d’une distinction en fonction du lieu de résidence, de l’état de santé et de l’âge de l’agent.

“À l’inverse, à aucun moment on ne se penche sur les spécialités de l’agent, sur son investissement dans son travail… Ces critères sont inexistants”, dénonce le sergent-chef. Il tente à l’époque de tirer la sonnette d’alarme à tous les niveaux, remontant même jusqu’à la présidente du conseil général Nassimah Dindar, également présidente du conseil d’administration du SDIS.

Mais personne ne réagit vraiment, et lors de la commission administrative paritaire suivante, en décembre 2015, ce qu’il redoutait se produit : il n’est pas nommé, alors que d’autres sergents syndiqués, mais qui ont moins d’années de pratique, selon lui, obtiennent le grade d’adjudant.

M. Pelerin décide alors de prendre un avocat et de porter plainte, avec deux autres sapeurs-pompiers qui n’ont pas obtenu leur grade de sergent.

Mais malgré ses demandes répétées, il ne parvient pas à obtenir du SDIS le procès-verbal de la commission paritaire de décembre 2015 et la liste des avancements au grade d’adjudant, prouvant qu’il n’en fait pas partie. Faute de ces éléments au dossier, la plainte est rejetée à la fois par le tribunal administratif et par le parquet de Saint-Pierre.

Le tribunal administratif a finalement ordonné au SDIS de remettre ces documents à M. Pelerin, assortis d’une compensation financière de 1 000 euros.

Il a pu présenter une nouvelle plainte, plus étoffée, devant le tribunal administratif et auprès du parquet. La gendarmerie de Saint-Louis a entendu M. Pelerin en avril de cette année dans le cadre de cette nouvelle plainte.

Entre-temps, les deux autres pompiers ont abandonné leurs poursuites. “C’est une longue bataille et il faut s’armer de patience”, explique M. Pelerin, qui a en parallèle subi de nombreuses pressions sur son lieu de travail, au point de demander sa mutation dans une autre caserne.

Aujourd’hui, M. Pelerin continue à se battre pour son avancement, et il sait que les mois lui sont comptés, puisqu’au terme de la réforme nationale en cours au SDIS, en 2019, il perdra un grand nombre de ses acquis s’il n’a pas été nommé Adjudant.

Ce qu’il dénonce: “Des règles taillées sur mesure par les syndicalistes, afin de correspondre à leurs propres critères”.

Contacté par le JIR, Michel Mani, président du syndicat autonome du personnel du SDIS 974 assume totalement cette position: “Les métropolitains ont le soleil, 53% d’augmentation de leur salaire de base, et en plus ils voudraient passer adjudants avant les Réunionnais ? Cela ne tient pas debout ! Si on a ajouté ce critère d’ancienneté au sein du corps, c’est une volonté politique et syndicale pour que les Réunionnais soient servis avant. Mon syndicat est à 200% pour la préférence régionale”, a-t-il déclaré.

Le cas de M. Pelerin “est un cas parmi d’autres. On ne lui a pas demandé de venir à La Réunion, qu’il s’estime heureux d’y avoir travaillé”, ironise M. Mani.

Le sergent-chef Pelerin a par ailleurs demandé sa permutation avec un sapeur-pompier professionnel de même grade en Dordogne. Mais là encore, le SDIS 974 fait la sourde oreille, notamment à cause des réticences des syndicats.

“À propos des permutations, s’ils veulent partir, on les laisse partir à n’importe quel moment. Mais on ne veut pas qu’un pompier qui n’est pas né à La Réunion vienne occuper un poste ici à leur place. On a assez de pompiers ici”, insiste M. Mani.

Le JIR a contacté le directeur des ressources humaines du SDIS, pour avoir sa position, mais celui-ci a fait valoir son droit de réserve, en tant que fonctionnaire.

Le colonel Jean-Marc Loubry, à la tête du SDIS, n’était pas joignable non plus hier pour réagir à cette affaire.

M. Pelerin, lui, se sent “coincé”, sans réelle perspective d’évolution : “J’ai l’impression de n’avoir plus que des devoirs vis-à-vis du SDIS, et d’être privé de mes droits”.

Résultats CAP nationale Catégorie A

Voici les listes issu de la CAP nationale de catégorie de sapeur pompier qui c’est déroulée vendredi 16 juin 2017

Un pompier de passage sauve un conducteur de sa voiture en feu : « Je lui ai dit qu’il pouvait brûler un cierge »

Un automobiliste, victime d’un accident à Étuz (70) jeudi soir, a été secouru in extremis par un pompier volontaire du Doubs qui passait par là. Ce dernier, âgé de 27 ans, a couru vers la victime pour l’extraire de son véhicule en feu.

Xavier Deforet est volontaire depuis 2010. « J’ai toujours été attiré par ce métier. À 18 ans, je me suis installé à Levier à côté de la caserne. J’étais intrigué par les manœuvres. Je suis devenu volontaire deux ans après. » Photo DR

C’est un cas de figure à vous convaincre à tout jamais que, oui, le hasard fait bien les choses… Quelle probabilité pour qu’une personne formée et entraînée assiste en direct à un accident pour se porter au secours de la victime ? « Mon chef de centre m’a dit que si ce genre de choses arrivait à deux pompiers, ce serait déjà énorme ! », témoigne Xavier Deforet, pompier volontaire au centre de Pouilley-les-Vignes, dans le Doubs.

Jeudi soir, le destin a voulu que l’homme de 27 ans circule entre Étuz et Chambornay-lès-Pin, en Haute-Saône, et croise la route d’un automobiliste qui allait bientôt avoir grandement besoin de lui.

Un garrot avec un lacet et un stylo

Xavier Deforet rentrait chez lui après une soirée chez des amis, à Chaux-la-Lotière. Devant lui, son épouse circulait à bord de l’autre voiture familiale. « Je l’avais rejointe chez nos amis après le travail », raconte le chef boucher dans la grande distribution, pompier volontaire depuis sept ans. Vers 23 h 45, dans un virage, son épouse, puis Xavier, ont croisé une voiture dont la trajectoire semblait incertaine. Après deux manœuvres pour tenter de se remettre dans sa voie, la voiture finit par traverser la chaussée, derrière le véhicule du pompier. « Elle est montée dans le talus. Dans mes rétros, je l’ai vu partir en tonneaux, et s’embraser en l’air. »

Immédiatement, le pompier fait des appels de phare à son épouse avant de faire demi-tour brusquement. « J’ai appelé les pompiers, puis couru vers la voiture. »

Le véhicule accidenté a terminé sa course sur le toit. « Elle penchait vers l’avant, et les fenêtres étaient brisées. Tout l’avant était en feu, et les flammes commençaient à lécher l’habitacle. L’essence commençait à se répandre. J’ai vraiment pensé que ça pouvait exploser. » L’automobiliste, un jeune homme, était coincé dans la voiture, mais conscient. « Sa ceinture de sécurité le retenait. Je lui ai dit qu’il ne fallait pas qu’on traîne. Je lui ai demandé de se détacher. En le faisant, il a basculé côté passager et a pu commencer à s’extraire par la fenêtre. »

Le pompier l’a tout de suite rejoint de l’autre côté pour l’aider à sortir. « Je l’ai conduit derrière mon véhicule pour lui faire les premiers soins en sécurité. Il présentait une importante hémorragie à la main, je lui ai posé un garrot avec un lacet et un stylo, même si ça ne se fait pas trop en règle générale. »

La jeune victime sera finalement transportée vers l’hôpital de Besançon dans un état grave, mais en vie. « Il était dans une situation plus que délicate. Je lui ai dit qu’il pouvait aller brûler un cierge. Je n’ai pas forcément mesuré le danger sur le moment, je crois. Mon épouse, qui a assisté à la scène, m’a pas mal houspillé ! »

Au sein du corps départemental des pompiers, la nouvelle a rapidement tourné depuis vendredi. « Je ne veux pas une médaille pour ça, même si c’est un honneur. Je suis content de ce que j’ai fait, mais on est là pour ça… »

Laurie MARSOT

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